De ses origines à nos jours, l'université a joué un rôle très important dans la transmission du savoir et le développement de la société. Elle reste le lieu de la production, de la transmission et de la diffusion du savoir scientifique. Hélas! l'on constate qu'elle perd de plus en plus sa mission de diffusion, privilégiant seulement celle de la transmission et production. Ce qui pose problème d'appropriation et de vulgarisation dudit savoir. Cette difficulté reste présente dans le chef de l'intellectuel de la République Démocratique du Congo.
En effet, l'intellectuel congolais offre un tableau sombre sur sa vie intellectuelle. De plus en plus, les intellectuels congolais s'exposent au danger de la médiocrité intellectuelle qui, faute de ressourcement dans la lecture et les recherches, peut les assimiler à la classe des illettrés. L'on pourra, si l'on y fait attention, créer une catégorie intermédiaire au sein de notre population. Permettez-nous de forcer et d'utiliser l'expression quelque peu paradoxale "scientifique illettré". L'on peut se rendre compte combien l'intellectuel est aujourd'hui géré et englouti par la vulgus. Pourquoi aller à l'université si l'on ne sait ni s'approprier ce savoir acquis, ni le vulgariser? Voilà notre souci majeur.
L'intellectuel congolais perd de plus en plus l'esprit critique et se fie à la rumeur. Il ne vérifie plus la fiabilité et la véracité de l'information qu'il reçoit, surtout si celle-ci est médiatisée (radio, TV, Internet, réseaux sociaux, etc.). Il se laisse écraser par la vulgus au point qu'il ne sait plus imposer l'esprit critique, dialectique et démocratique.
En outre, le savoir acquis à l'université est pour lui un motif d'orgueil personnel ou familial plutôt qu'un instrument au service de la nation et de la communauté scientifique. Il y a ici un problème d'appropriation et même de valorisation des acquis de l'université. Nous envisageons une communication appropriée pour le sortir de ce fléau et détruire ce virus qui tend à le réduire au rang des "illettrés scientifiques".
Face aux analphabètes, l'intellectuel est incapable de se défendre par des arguments solides, cohérents et scientifiques; il est souvent à la défensive et recourt à l'argument de faible de type "je suis licencié", "j'ai été à l'université", "j'ai beaucoup étudié", "je ne suis pas inculte", "j'ai un diplôme universitaire"... Mais un diplôme qui rime à quoi si l'on n'est pas compétitif?
Au sortir de l'université, combien d'entre eux fréquentent encore les bibliothèques ou librairies? Combien peuvent revoir ne serait-ce les notes des cours? Combien peuvent encore acheter un livre, une revue ou un journal pour lire? Combien participent encore aux conférences-débat ou échanges scientifiques? Dans ces conditions comment peuvent-ils devenir compétitifs sur le marché de l'emploi?
Il est temps, pensons-nous, de prendre conscience de cette dimension essentielle. Il est temps d'éduquer l'imaginaire de l'intellectuel congolais. Car sans cette éducation, l'université risque de perdre son rôle de haut lieu de la culture et du savoir scientifique. Jusque là, elle s'occupe de et s'arrête à la transmission du savoir. Elle manque à une de ses obligations à savoir: vulgariser et valoriser le savoir et la culture scientifiques. Cette dimension correspond au transfert des technologies qui a souvent empêché les pays du tiers monde à émerger. A notre avis, une science qui n'est ni appropriée ni vulgarisée est une science morte. Dans une réflexion postérieure, nous vous proposerons le type de communication que nous envisageons mettre en oeuvre pour aider l'intellectuel congolais à s'approprier, valoriser et mettre sa science au service de la nation. Ainsi, il répondra aux exigences de la compétitivité à cette heure de la mondialisation.
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